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CFTC du Bureau Veritas

Déménagement du siège social : Malveillance ou incompétence ?

14 Juin 2017 , Rédigé par CFTC

Lors de la réunion exceptionnelle de la Délégation Unique du Personnel consacrée le 8 juin aux déménagements vers La Défense, les élus ont constaté que la direction persistait à leur donner des informations erronées, parcellaires ou sans intérêt.

Vous lirez sur le site de la DUP la motion qui a été votée et qui, en substance, constate le refus d’informer de la part de la direction.

En effet, à moins de quatre mois du déménagement, l’équipe chargée de piloter ce projet est toujours totalement incapable (refuse?) de fournir aux élus, aux salariés ou même à la hiérarchie (directeurs et vice-présidents inclus) des plans précis sur les zones et surfaces affectées à chaque service et à chaque personne.
Les rares plans que la direction a daigné nous transmettre, outre leur qualité exécrable, ne permettant par exemple aucune mesure, donnent un très bon aperçu de la racine du mal :

La direction, pour des raisons sur lesquelles nous ne pouvons qu’émettre des conjectures, a sciemment décidé de tasser les salariés dans des espaces visiblement trop petits.
De plus, toutes les solutions, qui auraient pu permettre de limiter les dégâts, ont été écartées sans la moindre justification.

Le résultat est proprement hallucinant :

  • Des plans de travail de 1m60, totalement inadaptés aux activités de contrôle technique en particulier à la revue de plans

  • Des postes de travail groupés en rang d’oignons de 5 ou 6 en face-à-face comme si le travail de contrôle technique était le même que dans un centre d’appel, volontairement sans cloisonnettes latérales « pour pouvoir étaler son plan sur le bureau voisin », dixit la direction.

  • Des demi-cloisons suspendues pseudo acoustiques au-dessus d’armoires basses alors que des cloisons pleines permettraient d’avoir des armoires hautes et une bonne isolation phonique. Ces cloisons suspendues semblent d’ailleurs avoir été semées au hasard.

  • Des espaces non séparés des couloirs (pas de cloisons et encore moins de porte) y compris aux abords des toilettes

  • Des postes de travail exposés plein sud ou plein ouest le dos à la fenêtre…(reflets dans les écrans)

  • Des postes de travail dos au couloir (virtuel) mais dont il n’est possible de ne sortir qu’en reculant dans le passage

  • Des portes d’accès aux box qui butent dans des postes de travail

  • Des cloisons pleines entres les différents espaces (open-spaces et bureaux) qui vont arrêter la lumière alors que des cloisons vitrées sérigraphiées auraient aussi bien fonctionné

Cette liste est non limitative et de nombreuses autres surprises sont à prévoir.

Pour l’anecdote, nous avons même vu sur les plans des tables empiétant sur des poteaux de soutien de la structure, ce qui donne une assez bonne idée de la qualité de la prestation des architectes d’intérieur.

Il est vrai que le prestataire choisi n’a aucune expérience dans ce domaine puisque la société en question est surtout connue pour ses activités d’urbanisme à destination des collectivités locales.

Pour essayer de masquer le non-traitement des problèmes essentiels, l’équipe de projet a décidé de se concentrer sur des détails aussi passionnants que la couleur des moquettes ou des revêtements de la « tisanerie » ou de se lancer dans des innovations « tendances » comme l’aménagement de divan dans les box. S’agit-il de favoriser la promotion « canapé » dans la perspective du projet « Inclusion » ?

Finalement, de notre point de vue, la réponse à la question « malveillance ou incompétence ? » ne peut pas être tranchée et, en pratique, elle est sans intérêt.

Cependant, sur la base de plans inexacts (les mêmes que ceux soumis à la DUP ou d’autres ?) l’encadrement a reçu instruction d’affecter d’ici la fin de la semaine les postes individuels !

En résumé, ce projet lancé sur des bases malsaines, et conduit en dépit du bon sens, va :

  • Créer des risques psycho-sociaux liés au stress créé par le bruit, la promiscuité et l’impossibilité de se concentrer

  • Impacter lourdement la motivation des salariés et les pousser à quitter l’entreprise (mais peut-être est-ce le but recherché ?)

  • Faire baisser la qualité des prestations de contrôle technique qui demandent une forte concentration. Or ces tâches engagent lourdement la responsabilité pénale personnelle des personnes les réalisant, et celle de l’entreprise.

Notre syndicat n’hésitera pas le moment venu à confronter la direction aux conséquences de ses choix.

En particulier, en cas de sinistre, nous ne laisserons pas la direction s’exonérer de ses responsabilités en mettant en cause les salariés, quel que soit leur niveau hiérarchique.

 

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